Commentaire de texte : la méthode en 11 étapes

Table des matières

Dans cet article, nous vous expliquons comment réussir son commentaire de texte en 11 étapes. Cette épreuve écrite demande avant tout de la clarté dans l’expression et de la précision dans l’analyse des idées portées par le texte étudié. C’est un exercice qui demande la mise en pratique de ses connaissances à l’écrit d’où l’importance de la méthode et de sa pratique régulière.

Le commentaire de texte ou commentaire composé porte sur une œuvre littéraire d’un des objets d’étude du programme. Afin de comprendre la méthode du commentaire de texte et avoir une bonne rédaction du commentaire il faut suivre ces étapes.

11 étapes clés pour réussir votre commentaire composé :  

    1. Relire le texte au moins trois fois  
    2. Souligner les éléments importants (champs lexicaux, protagonistes…)  
    3. Identifier la problématique  
    4. Trouver les idées directrices  
    5. Enrichir les idées avec des arguments  
    6. Illustrer avec des exemples  
    7. Effectuer des liens et comparaisons avec des connecteurs logiques  
    8. Constituer un plan  
    9. Rédiger l’introduction 
    10. Rédiger la conclusion 
    11. Finaliser le commentaire en rédigeant les parties  

1 – Relire le texte plusieurs fois  

Relire plusieurs fois le texte permet de bien comprendre le sens et l’histoire racontée par l’auteur.    

Après la première lecture du texte, se baser sur ses premières impressions permet de se faire une idée des objectifs de l’auteur. De plus, une lecture attentive permet d’avoir une première  analyse qui prennent en compte le texte dans son contexte.

2 – Souligner les éléments importants 

Avant de commencer à rédiger, assurez-vous de repérer et de noter toutes les informations essentielles du texte. Ces informations peuvent concerner le nom de l’auteur, l’œuvre, le contexte, la forme du texte ou encore le genre.  

Ensuite, il est nécessaire de déterminer les informations importantes du texte. Par exemple, identifier les différents personnages, le lieu, le type de discours, le contexte historique etc.   

Il faut ensuite déterminer le registre. Celui-ci peut être comique, tragique, didactique ou encore satirique.  

3 – Identifier la problématique  

Ensuite, il faut se pencher sur la problématique. C’est une question à laquelle tente de répondre le texte. Elle est parfois facilement identifiable mais très souvent, il faut mener un travail d’analyse pour être capable de la formuler. La question posée doit pouvoir résumer en une phrase l’objectif du texte et ce qui fait sa spécificité.   

La problématique doit être assez large et peut avoir plusieurs réponses possibles. Il est d’ailleurs préférable que la question n’impose pas de réponse fermée comme oui ou non. Répondre à la problématique est essentiel dans cet exercice, il faut toujours la garder en tête durant votre analyse.

4 – Déterminer les idées directrices  

Le commentaire est un travail qui demande une analyse précise de la structure du texte. L’objectif est de repérer les idées principales et de les interpréter.   

Il faut toujours commencer une partie par l’idée qui y sera développée. Faire une liste ou un tableau des différentes idées peut être un bon moyen de s’y retrouver.  

5 – Enrichir avec des arguments  

Chaque idée doit être appuyée par des arguments clairs et précis.  

Pour vous aider, les différentes idées développées dans les sous-parties doivent s’appuyer sur des éléments généraux du texte. Par exemple, interpréter le ton d’un personnage (caricaturé, comique, tragique).  

6 – Illustrer avec des exemples  

Illustrez vos idées par des exemples précis (citations, temps verbaux, champs lexicaux, figures de style, etc.). Ces exemples sont, en général, des éléments pertinents qui retiennent l’attention du lecteur.   

Si vous remarquez qu’un champ lexical est très présent, vous devez le souligner et expliquer le but de son emploi. Si le texte évoque la guerre, vous pouvez retrouver plusieurs mots qui y font référence comme “arme”, “soldat”, “bataille”, etc.   

Il est donc intéressant de relever ce champ lexical.  

7 – Effectuer des liens et des comparaisons avec des connecteurs 

Les différentes sous parties doivent être reliées par des connecteurs logiques et les grandes parties par des transitions afin de marquer l’avancement.   

Vous pouvez, par exemple, utiliser les mots “de surcroît”, “par ailleurs” ou encore “en conséquence” afin de relier les différentes phrases.   

Au contraire, si vous souhaitez faire une comparaison ou une transition, vous pouvez employer “cependant”, “en revanche”, “tandis que”, “toutefois”, “néanmoins”, etc.  

8 – Constituer un plan 

Un plan type organisé est généralement structuré en deux ou trois grandes parties (I, II, III). Ce sont les axes qui vont diriger votre plan.   

Chacune de ces grandes parties  du plan du commentaire est composée d’au moins deux sous-parties et de maximum quatre sous-parties. L’introduction peut-être composé de l’amorce, une problématique et l’annonce du plan. Le développement, les différentes parties. Et la conclusion avec un bilan général et éventuellement une ouverture.

9 – Rédiger l’introduction 

L’introduction est une partie très importante car elle permet d’introduire et de présenter le texte. Elle doit rester synthétique et ne doit pas émettre d’explications ou de conclusions. Ces éléments seront apportés, par la suite, dans les différentes parties et la conclusion.  

Elle commence toujours par une phrase d’accroche que l’on appelle “l’amorce”. C’est une phrase qui permet d’introduire le sujet et de susciter l’intérêt du lecteur. C’est, en général, une citation de l’auteur ou une citation en lien avec l’œuvre. Par exemple, un événement historique ou encore une hypothèse sur le sujet.  

Il est préférable d’éviter les phrases du type “Depuis toujours, les hommes ont été…”.   

Elle se poursuit par une présentation générale (l’œuvre, l’auteur, le contexte ainsi que le mouvement littéraire).   

Lorsque vous rédigez votre introduction, ne négligez aucune information même si elle paraît évidente. Posez-vous la question “mon introduction permet-elle de comprendre le sujet ?”  Une introduction au brouillon peut-être conseillé pour commencer.

Après la présentation générale du texte, résumez l’idée directrice et situez l’extrait dans l’œuvre. Votre argumentaire se basera sur cette idée principale, c’est pourquoi la lecture du texte est importante.  

10 – Rédiger la conclusion 

La conclusion (C’est un bilan de l’ensemble des parties qui répond à la problématique générale

Elle apporte une réponse à la problématique. Elle se base sur l’ensemble des conclusions de chaque partie et en tire un bilan. Il est important de formuler une conclusion générale qui donne une réponse claire à la question de départ. Il ne suffit donc pas seulement de répéter les conclusions de chaque partie.  

La conclusion se termine par une ouverture. C’est une question qui demande une nouvelle réflexion sur le sujet ou sur un sujet différent. Celle-ci peut être en lien avec l’actualité ou non, on peut par exemple faire une comparaison historique. L’ouverture peut traiter de l’auteur, de l’œuvre ou encore d’un domaine artistique différent. Une comparaison peut, en effet, être apportée.   

Vous pouvez, par exemple, expliquer que le même thème a été traité par d’autres auteurs mais de manière différente. Par exemple, dans un autre genre ou sur un registre différent.  

Vous pouvez également élargir votre conclusion sur un texte du même mouvement littéraire ou encore sur l’auteur ou l’œuvre intégrale.  

Enfin, vous pouvez aussi élargir sur un autre auteur qui utilise un même procédé présent dans le texte.  

L’ouverture est souvent une question que l’on pose et qui demande une réflexion sur le sujet.  

11 – Finaliser le commentaire en rédigeant les parties 

Tout d’abord, on n’utilise jamais le pronom “je”, ce n’est pas une analyse subjective. Il faut donc faire attention à toujours employer les pronoms “nous” ou “on”.  

Le plan ne doit pas apparaître de manière explicite (I. a. ; I. b. ; etc.). Les différentes parties doivent être introduites par des phrases qui résument l’idée principale de façon claire et concise.  

Chaque paragraphe débute par un alinéa que ce soit une grande partie ou une sous-partie.  

On saute des lignes uniquement entre les grandes parties.  

Une phrase de conclusion partielle doit apparaître à la fin de chaque grande partie. Elle commence en général par “On en conclut que…” ou encore “On peut donc constater…”.  

Exemples de commentaire avec le corrigé

Voici un exemple de commentaire de texte accompagné d’un corrigé pour vous permettre de vous entraîner à la méthode du commentaire.

Voltaire, Dictionnaire Philosophique, article « BETES » (1764)

Voltaire s’attaque dans cet article à la théorie élaborée par Decartes selon laquelle les animaux sont des « machines ».

« Quelle pitié, quelle pauvreté, d’avoir dit que les bêtes sont des machines privées de connaissance et de sentiment, qui font toujours leurs opérations de la même manière, qui n’apprennent rien, ne perfectionnent rien, etc. ?

Quoi ! cet oiseau qui fait son nid en demi-cercle quand il l’attache à un mur, qui le bâtit en quart de cercle quand il est dans un angle, et en cercle sur un arbre : cet oiseau fait tout de la même façon. Ce chien de chasse que tu as discipliné pendant trois mois n’en sait-il pas plus au bout de ce temps qu’il n’en savait avant tes leçons ? Le serin à qui tu apprends un air le répète-t-il dans l’instant ? n’emploies-tu pas un temps considérable à l’enseigner ? n’as-tu pas vu qu’il se méprend et qu’il se corrige ?

Est-ce parce que je te parle que tu juges que j’ai du sentiment, de la mémoire, des idées ? Eh bien ! je ne te parle pas ; tu me vois entrer chez moi l’air affligé, chercher un papier avec inquiétude, ouvrir le bureau où je me souviens de l’avoir enfermé, le trouver, le lire avec joie. Tu juges que j’ai éprouvé le sentiment de l’affliction et celui du plaisir, que j’ai de la mémoire et de la connaissance.

Porte donc le même jugement sur ce chien qui a perdu son maître, qui l’a cherché dans tous les chemins avec des cris douloureux, qui entre dans la maison, agité, inquiet, qui descend, qui monte, qui va de chambre en chambre, qui trouve enfin dans son cabinet le maître qu’il aime, et qui lui témoigne sa joie par la douceur de ses cris, par ses sauts, par ses caresses.

Des barbares saisissent ce chien, qui l’emporte si prodigieusement sur l’homme en amitié ; ils le clouent sur une table, et ils le dissèquent vivant pour te montrer les veines mésaraïques. Tu découvres dans lui tous les mêmes organes de sentiment qui sont dans toi. Réponds-moi, machiniste, la nature a-t-elle arrangé tous les ressorts du sentiment dans cet animal afin qu’il ne sente pas ? a-t-il des nerfs pour être impassible ? Ne suppose point cette impertinente contradiction dans la nature. »

Vous trouverez la correction de ce commentaire en suivant ce lien.

Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique, Deuxième partie, extrait 

« L’action se situe en Indochine, péninsule d’Asie du Sud-Est, dans les années 1920. La famille de Suzanne, l’héroïne du roman, mène une existence misérable. Désœuvrée et livrée à elle-même, Suzanne erre dans les quartiers de la ville à la recherche de son frère Joseph.   
 
Elle ne trouva pas Joseph, mais tout à coup une entrée de cinéma, un cinéma pour s’y cacher. La séance n’était pas commencée. Joseph n’était pas au cinéma. Personne n’y était, même pas M. Jo1. 

Le piano commença à jouer. La lumière s’éteignit. Suzanne se sentit désormais invisible, invincible et se mit à pleurer de bonheur. C’était l’oasis, la salle noire de l’après-midi, la nuit des solitaires, la nuit artificielle et démocratique, la grande nuit égalitaire du cinéma, plus vraie que la vraie nuit, plus ravissante, plus consolante que toutes les vraies nuits, la nuit choisie, ouverte à tous, offerte à tous, plus généreuse, plus dispensatrice de bienfaits que toutes les institutions de charité et que toutes les églises, la nuit où se consolent toutes les hontes, où vont se perdre tous les désespoirs, et où se lave toute la jeunesse de l’affreuse crasse d’adolescence. 

C’est une femme jeune et belle. Elle est en costume de cour. On ne saurait lui en imaginer un autre, on ne saurait rien lui imaginer d’autre que ce qu’elle a déjà, que ce qu’on voit. Les hommes se perdent pour elle, ils tombent sur son sillage comme des quilles et elle avance au milieu de ses victimes, lesquelles lui matérialisent son sillage, au premier plan, tandis qu’elle est déjà loin, libre comme un navire, et de plus en plus indifférente, et toujours plus accablée par l’appareil immaculé de sa beauté2. Et voilà qu’un jour de l’amertume lui vient de n’aimer personne. Elle a naturellement beaucoup d’argent. Elle voyage. C’est au carnaval de Venise que l’amour l’attend. Il est très beau l’autre. Il a des yeux sombres, des cheveux noirs, une perruque blonde, il est très noble. Avant même qu’ils se soient fait quoi que ce soit on sait que ça y est, c’est lui. C’est ça qui est formidable, on le sait avant elle, on a envie de la prévenir. Il arrive tel l’orage et tout le ciel s’assombrit. Après bien des retards, entre deux colonnes de marbre, leurs ombres reflétées par le canal qu’il faut, à la lueur d’une lanterne qui a, évidemment, d’éclairer ces choses-là, une certaine habitude, ils s’enlacent. Il dit je vous aime. Elle dit je vous aime moi aussi. Le ciel sombre de l’attente s’éclaire d’un coup. Foudre d’un tel baiser. Gigantesque communion de la salle et de l’écran. On voudrait bien être à leur place. Ah ! comme on le voudrait. « 

Madame de Staël – Delphine – Quatrième partie, lettre XXXV

« Dans la nuit de demain, Matilde, je quitterai Paris, et peu de jours après, la France. Léonce ne saura point dans quel lieu je me retirerai ; il ignorera de même, quoi qu’il arrive, que c’est pour votre bonheur que je sacrifie le mien. J’ose vous le dire, Matilde, votre religion n’a point exigé de sacrifice qui puisse surpasser celui que je fais pour vous ; et Dieu qui lit dans les cœurs, Dieu qui sait la douleur que j’éprouve, estime dans sa bonté cet effort ce qu’il vaut1. Oui, j’ose vous le répéter, quand j’aime mieux mourir qu’avoir à me reprocher vos douleurs, j’ai plus qu’expié2 mes fautes, je me crois supérieure à celles qui n’auraient point les sentiments dont je triomphe.

Vous êtes la femme de Léonce, vous avez sur son coeur des droits que j’ai dû respecter ; mais je l’aimais, mais vous n’avez pas su peut-être qu’avant de vous épouser… Laissons les morts en paix. Vous m’avez adjurée3 de partir, au nom de la morale, au nom de la pitié même, pouvais-je résister quand il devrait m’en coûter la vie ! Matilde, vous allez être mère, de nouveaux liens vont vous attacher à Léonce, femme bénie du ciel, écoutez-moi : si celui dont je me sépare me regrette, ne blessez point son cœur par des reproches ; vous croyez qu’il suffit du devoir pour commander les affections du cœur, vous êtes faite ainsi ; mais il existe des âmes passionnées, capables de générosité, de douceur, de dévouement, de bonté, vertueuses en tout, si le sort ne leur avait pas fait un crime de l’amour ! Plaignez ces destinées malheureuses, ménagez les caractères profondément sensibles ; ils ne ressemblent point au vôtre, mais ils sont peut-être un objet de bienveillance pour l’Être suprême, pour la source éternelle de toutes les affections du coeur. 

Matilde, soignez avec délicatesse le bonheur de Léonce ; vous avez éloigné de lui sa fidèle amie, chargez-vous de lui rendre tout l’amour dont vous le privez. Ne cherchez point à détruire l’estime et l’intérêt qu’il conservera pour moi, vous m’offenseriez cruellement ; il faut déjà me compter parmi ceux qui ne sont plus, et le dernier acte de ma vie ne mérite-t-il pas vos égards pour ma mémoire !

Adieu, Matilde, vous n’entendrez plus parler de moi ; la compagne de votre enfance, l’amie de votre mère, celle qui vous a mariée, celle enfin qui n’a pu supporter votre peine, n’existe plus pour vous ni pour personne. Priez pour elle, non comme si elle était coupable, jamais elle ne le fut moins, jamais surtout il ne vous a été plus ordonné de ne pas être sévère envers elle ! mais priez pour une femme malheureuse, la plus malheureuse de toutes, celle qui consent à se déchirer le cœur, afin de vous épargner une faible partie de ce qu’elle se résigne à souffrir. »

Vous trouverez la correction de ce commentaire en suivant ce lien.

La clé de la réussite c’est la pratique. Alors si vous suivez et appliquez nos conseils, il n’y a pas de raison de s’inquiéter ! 

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